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1 Je me promène parfois dans mes mémoires Je revois dans les recoins de la maison de mon enfance Tant de cadavres cachés frileux et pieux Je ne puis croire que tant de sottises ont peuplé L'émergence des forces de vie annihilées Par tant de remontrances et de prescriptions loufoques Abuser de la verdeur de l'innocence est la honte Inconsciente d'une époque révolue et à oublier
11 La plupart du temps j'achetais ces inepties Je m'empêchais de vivre mes pulsions libératrices Je côtoyais tant de négations et de subjectivismes Que je restais aveuglé et incapable de voir autrement Jamais quelqu'un n'a osé tirer la sonnette d'alarme Jamais on a tenté de me sortir des dépendances J'errais avec un vague à l'âme non identifié J'édulcorais la réalité par peur de perdre la raison
111 La prison de mon enfance a fortifié ses murs Jusqu'à l'adolescence les barreaux empêchaient toute fuite Je ne pensais même pas fuir tant étaient apprivoisées les inepties La cohorte des âmes bien pensantes fortifiaient et congratulaient Les imbéciles heureux pullulaient et je rongeais mon frein J'étais mal dans mon corps et je haïssais mon âme Le bonheur semblait aussi loin qu'une éventuelle délivrance
1V À l'aube de l'âge adulte les griffes du destin m'enserrèrent lourdement Je plongeai soudainement dans un monde si irréel et si mystique Incapable de gifler le destin engluant j'errai dans mes extravagances J'imaginai d'autres mondes et d'autres lieux à fouler pour déguerpir Le scénario de ma vie s'écrivait dans l'encre des décideurs aveuglés J'anticipais un destin à la mesure des insignifiances inséminées Le réveil fut brutal et à la mesure de mes inconsciences abreuvées Le chemin de la liberté fut un calvaire construit sur les cendres de ce passé renié
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