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Pour les yeux d'un jeune enfant Tout est mystérieux Pour les yeux d'un adulte blasé Tout est ordinaire
Le lointain est relatif Pour les petits pieds d'un enfant Une randonnée au boisé C'est tout un défi Pour un maniaque de la vitesse Un tour de piste C'est rien
Gamins, notre boisé attirait Pour l'atteindre que d'obstacles appréhendés Des couleuvres pouvaient frôler nos jambes Des crapauds laids et répugnants nous terrifiaient Des coyotes pouvaient nous attaquer à tout moment Les mouffettes, les porcs-épics et les redoutables ours Toute une expédition que de se rendre à l'orée de ce boisé
L'expédition en valait la peine On faisait une provision de gommes d'épinettes On ramassait une tonne de noisettes On mangeait de la « shawinigane », petits fils rouges délicieux Ressemblance oblige aux fils électriques dépouillés On se régalait avec les pieds de fougère On mangeait des baies, de l'oseille
Le nec plus ultra, c'était notre gomme d'épinette C'était un trophée qu'on ramenait en triomphe On la mâchait à qui mieux mieux Elle devenait dure comme de la pierre Qu'importe nos mâchoires étaient solides On cachait nos noisettes dans le foin Pour les faire venir à point Un autre festin en perspective
Quel garde-manger que ce boisé magique
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