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On l'attendait cette journée C'était une journée d'épouvante Les émotions au maximum L'annuel meurtre du cochon
Déjà l'échelle posée sur le hangar On devait y suspendre par les pattes L'infortuné cochon à abattre Déjà la poêle attendait son précieux sang
Déjà je voyais Florence le faire bouillir Déjà je voyais les tripes recevoir ce sang Déjà je me voyais manger ce boudin Bon sang quel spectacle d'horreur
Le tueur du village arrivait tôt Son couteau brillait dans la neige Un coup bien précis droit au cœur Le cochon crachait son sang dans la poêle
On le fendait au beau milieu On voyait tout son intérieur Suspendu à l'échelle ainsi exposé Quel carnage animalier par nécessité
C'était la journée la plus triste de l'hiver J'adorais le cochon et son grognement Je me rappelais mes balades sur son dos Je me rappelais ainsi les taloches de ma mère
Je pouvais le regarder des heures durant J'essayais de découvrir son monde intérieur Je lui donnais des pelures de patates à manger Je voyais son museau faire des chemins dans la vase
Quelle triste fin pour mon compagnon Quelle triste destinée inévitable Je pleure sa perte Qui me consolera
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