|
Cette mare d'eau ainsi prénommée Cette arsource n'était qu'un petit trou d'eau Cette source n'était pas une vraie source C'était une flaque que la pluie remplissait C'était là que les vaches allaient se désaltérer C'était là que le paternel puisait son eau l'hiver Son puits près de l'étable faisait faux bond l'hiver L'arsource venait miraculeusement à son secours
Pour mes yeux d'enfants et son imaginaire Cette arsource était un véritable lac C'était le Léman, le Lac Majeur, le Lac Supérieur C'est de là que provenaient d'étranges sons au printemps On aurait dit une fanfare, un carillon de bruits disparates On tendait l'oreille, on sentait comme un étrange appel C'étaient les grenouilles qui sortaient de leur torpeur hivernale C'étaient les grenouilles et les crapauds qui appelaient le printemps
Je passais des heures à écouter et à rêvasser Je sentais monter en moi une sève printanière Il faut dire que les érables donnaient leur belle eau Il faut dire que les vaches donnaient de jeunes veaux Il faut dire que ce réveil de la nature provoquait l'euphorie De longs mois d'hiver à grelotter et à jeûner De longs mois d'hiver à vivre dans l'hibernation Ce chant des crapauds et des grenouilles Quelle délivrance saisonnière Quel appel à la liberté
Cette arsource, nostalgie d'une enfance insouciante Cette arsource vivra toujours dans mes souvenirs adultes
|
|