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Je dis à qui veut m'entendre Mon dégoût des développeurs urbains À l'aube, ce matin, je me suis fait couper Un terrain de stationnement avait besoin de mon espace
Je dis à qui veut m'entendre Que j'avais le droit de vivre Que je purifiais l'air sans massacrer la couche d'ozone Que les oiseaux et les écureuils m'appréciaient Que je faisais l'orgueil de celui qui m'avait planté Que je trônais l'hiver comme un roi
Que dira l'enseignante qui avait donné ma jeune pousse À cet écolier joyeux et fier de son cadeau Entendrez-vous ses sanglots tristes et longs Dénoncerez-vous ce bitume laid et polluant Vomissez sur ce pseudo-progrès urbain Criez, hurlez et comprenez ma détresse
Dans le paradis des épinettes mortes Je maudirai sans fin l'auteur de ma coupe Je regarderai la couche d'ozone se perforer davantage Quand votre planète sera détruite Ne venez pas pleurer dans mon paradis Je ne demandais qu'à vivre Est-ce trop demander à la bête humaine?
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