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La nuit m'est courte, et le jour trop me dure, Je fuis l'amour, et le suis à la trace, Cruel me suis, et requiers votre grâce, Je prends plaisir au tourment que j'endure.
Je vois mon bien, et mon mal je procure, Désir m'enflamme, et crainte me rend glace, Je veux courir, et jamais ne déplace, L'obscur m'est clair, et la lumière obscure.
Vôtre je suis et ne puis être mien, Mon corps est libre et d'un étroit lien Je sens mon coeur en prison retenu.
Obtenir veux, et ne puis requérir, Ainsi me blesse, et ne veut guérir Cet vieil enfant, aveugle archer, et nu.
Joachim Du Bellay L'Olive, XXV1
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