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En 1896, Nelligan est un écolier au collège Sainte-Marie. Il a découvert la poésie et c'est de ce côté qu'il entend orienter sa vie. Négligeant versions et thèmes, de lui-même, il choisit pour maître celui qui a mis en branle ses puissances poétiques : Beaudelaire. Si ses notes d'examen sont faibles, il a du moins, dans ses cartons, quelques sonnets et poèmes qu'il songe à publier. Avant même d'apprendre officiellement qu'il devra refaire sa classe de syntaxe, il peut lire en caractères d'imprimerie, son Rêve fantastique, publié le 13 juin. Et ce fait, sans doute, a plus d'imnportance à ses yeux que le second prix d'anglais et que le cinquième accessit d'élocution qu'on lui décerne ou que tous les prix qu'il aurait pu conquérir, s'il s'en était tout simplement donné la peine. Par une détermination plutôt étonnante à cet âge, son choix est irrévocablement fixé : il sera désormais poète.
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