Marie-Laure

Qui sont les hommes?

Enfermée dans une grotte dont les parois m'observent
Les remparts se réfléchissent en moi et les images m'obsèdent
J'ai peur que la vérité s'échappe et me laisse prisonnière
Je sais que je resterai là flottant près de l'enfer
Absence de mots alors que les larmes s'écoulent
Tout le long des murs d'où ma souffrance découle
Aujourd'hui le monde se tourne vers des âmes perdues
Délaissant les milliards d'autres vies interrompues
Les yeux de l'univers regardent la vengeance
Les yeux de nos coeurs observent les anges
Ma haine tranchante se brise comme du verre
Mais la matière désunie en moi déchire la chair
Je sens mon corps qui s'en va au loin
Fuyant peu à peu ce dilemme sans fin
Est-il possible que je me sente parmi les miens
Au coeur d'une terre à nouveau sans parfum
Ont-ils peur de mourir, pour qui se battent-ils ?
Qui se sait trahi, contre quoi se hérissent-ils ?
On nous laisse pour héritage une idée que l'on cultive
En espérant qu'un jour la flamme en nous s'active
Chaque vie qui s'éteint est une flèche qui m'atteint
Citoyenne du monde j'appartiens au lointain
Je vis dans le silence, ils ont perdu leur innocence
Car souvent les hommes libres brillent par leur absence
Enfermée dans une grotte dont les murailles s'élèvent
Chaque pierre me renvoie la couleur de nos rêves
Sombre et humide la réalité m'étouffe
Bientôt le jour se lève et le vent froid se couche
Quelle place est la mienne dans le jardin d'Eden ?
Quelles places ont-ils dans le jardin de nos peines ?
D'un pas résolu on va vers l'ennemi
La cible reconnue on défend sa patrie
Prêt à se battre ou prêt à les abattre ?
Quelque soit l'adversaire, prêt à combattre
Cette peur quand mon sang autour de moi coulera
Savoir que mes illusions passent de vie à trépas
Rouge, le nuage de sang dérive vers l'horizon
Pour toujours les morts chantent à l'unisson
À nos yeux tous ne mériteront pas les hommages
Dans ce texte j'élève une sépulture à tous les sages,
à toutes les victimes de passage.

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