Jicé de Lavaur

Saule

La voûte offre toujours, ici, tant de persiennes,
Où le ciel infuse ses énigmes, sans peines,
Vers les vagues de lierre.
Qu'il était doux, mon coeur, de t'enfler des rosées
Que la feuille embaumait du suc de ses secrets;
Le saule a sa lumière.

Auriez-vous pu laisser, chers reflets chrysoprases,
Des savoureux éclats, qui, votre robe, embrasent,
Ce rayon jadis frère de sécher mes pleurs,
Illuminer mes rêves, anticiper mes peurs?

Sous l'arbre, l'escalier, hier fier et scellé
Pleure aujourd'hui les plaies de sa brique, flouée,
Par le Temps qui lacère.
Il n'est plus, cet enfant, qui ira, rêvassant,
Chevaucher à l'autel, de songes, ruisselant,
Son trône de naguère.

Seule la majesté de ton buste a fait front
A l'oeuvre des années, minutieuse érosion,
Dressant effrontément la céleste coupole,
Dont tu tisses, au fil d'or, les étoiles, Ô! mon saule.

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