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Paragraphe 55 (censuré dans l'examen de 5e secondaire de juin 1998)
Je ne savais pas où pisser, pas question de monter à l'étage à la recherche des toilettes. je ne pouvais même plus me rendre à l'escalier, je me pressais le gland à deux mains, la pression augmentait à vue d'oeil, ça devenait souffrant, je ne voulais pas pisser n'importe où, il me restait peut-être trois ou quatre secondes. C'est donc complètement désespéré que j'ouvris un placard de cèdre. Le jet sortit instantanément, quasiment à l'horizontale, et, ô malheur ! j'arrosai sans aucune retenue le manteau de vison de Mme Marinier. Je n'avais pas choisi le placard, appelons ça de la fatalité. Le soulagement était si intense qu'une fois parti j'ai arrosé la cape en zibeline et le col de renard. Quand le vin est tiré aussi bien boire la bouteille, et puis je n'étais pas entré dans cette maison pour faire dans le détail.
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Bruno HÉBERT, C'est pas moi, je le jure!, Montréal, Les Éditions du Boréal, 1997, 196 p.
Les deux premiers chapitres de ce roman furent utilisés pour l'épreuve d'appoint de compréhension d'un discours écrit de cinquième année du secondaire de juin 1998.
Le paragraphe 55 n'est pas présent dans l'examen ce qui causa une frustration chez plusieurs élèves. Aussitôt l'examen terminé, je me précipitai dans une librairie pour me procurer le dit roman et c'est par esprit humanitaire que je publie sur ce site le paragraphe censuré.
Jacques Rancourt, animateur du site Écrivains en devenir et victime de la censure dans les années de la grande noirceur dans le Québec d'avant la révolution tranquille.
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