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Elle avance dans moi par des voies sans lumière Et le jour petit-lait se répand tout à coup Sa main subtile allume à chaque instant la paille cachée Ah que j'aime cette femme et que le monde est opaque Le vrai des choses grésille sous les apparences Et puis l'âme est si loin tapie, on dirait même Que des eaux secrètes en dedans font notre silence Elle avance dans moi moi dans elle par bonds Par blessure par joie par pulsation de l'air Par battement de racines par danse des feuilles Mais c'est plein de miroirs au creux de nous C'est un manège au creux de nous qui ne s'arrête pas
Elle avance dans moi blessée moi dans elle sans tête Moi dans elle sans yeux sans visage sans mains Nous habiterons l'un et l'autre sans raison Nus sans couleurs au terme du voyage
Pierre Morency Poèmes de la froide merveille de vivre
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