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tout ce qui suinte de ce temps l'orage aux dents le ventre exacerbé la tête en faisceau sur la tendresse niée tout ce qui se brise dans la voix ces mots reflués cette rancoeur dans les poumons quand la fatigue nous rogne les sens tout cela qui nous entrave les arêtes fichées sous les aisselles ce repli sur soi des petites occasions tout ce qui transpire des murs la chasse aux mouches au mois de mai cette allusion à la mémoire un arrière-goût d'amandes parmi les oeufs de cyanure tout ce qui échappe à notre entendement ce jour quand il s'enchâsse avec ses revêtements de plastique dans nos respirateurs artificiels cette nuit quand elle détend nos nerfs tout ce qui aspire à l'oubli bol de café reliefs appétit de sucre plombages
tout ce temps passé à médire cette fatigue cet émoi tout ce qui se meut dans les chambres percolateurs chats en raréfiant le silence de l'éveil tout cela cette conscience de soi le jour qui vient s'apprête mal noué dans ses propres parfums tout ce qui s'épuise dans nos membres l'oraison tatouée aux coins de l'âme la vibration des télégrammes le front se fixe ailleurs au monde sassé de l'une à l'autre main quand tu butines les téléphones en portant là tes messages désarmés tout ça tout ça tout ça tout ça
Michel Beaulieu Oracle des ombres
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