Jean-Guy Pilon (1930-...)

Petite mappemonde

Les frontières accumulées
Se dissolvent à l'escale
Dans la nuit nouvelle
Qui recompose le monde

Mon pays porte le nom douloureux de mon amour
Ma ville est celle qui se donne
Aux parfums inégaux
Aux filles de même famille

Feux rouges feux verts
Ici partout ailleurs
Et des visages de fausse promesse
Parfois un corps d'allégresse
Détendu
Comme un noyé qui remonte les étages de la mer
Une pierre une borne un amer
Une pagée de plus le long de la route

Était-ce à Montréal à Paris à Amsterdam
À Copenhague à Florence peut-être

Que de mensonges derrière nous
Comme des globules inséparables
Le lever du jour la femelle le printemps

Que vienne la pluie sur mon espoir
Pour que les mains tendues au-dessus de la vague
Se rejoignent enfin
Dans le silence qui suit la parole

Jean-Guy Pilon

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