Paul-Marie Lapointe (1929-...)

Je suis une main...

Je suis une main qui pense à des murs de fleurs
à des fleurs de murs
à des fleurs mûres.

C'est pour regarder la vie que je lis interminablement
le cristal du futur cristal

Le réservoir du cendrier
pourquoi des villes de café y surgir ?
des plantations de pauvres gens
soleils de fagots fertiles
violoncelles senteur de mauves

C'est en songeant à construire un verger de frères
que pour pleurer je descends mon bras
que je mets ma vie dans mes larmes

Les grands châteaux poires pourries
avec quoi des vieillards à femme mutuelles
lapident leurs vacheries
les églises de faux sentiments
l'écroulement des cadavres
les haines dans les schistes séculaires.

Quand le marteau se lève
quand les bûchers vont flamber noir
sur le peuple déterminé

Les cadavres purifiés par le feu
et le fracassement des crânes de béton

L'horizon que je vois libéré
par l'amour et pour l'amour.

Paul-Marie Lapointe
Le Vierge incendié

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