Le plaisir de lire

Quand un célibataire bien tranquille accepte de prendre en pension, le temps des vacances, le chien de son meilleur ami, l'aventure commence. Il faut reconnaître que Néron, boxer bringué, lourd de quarante kilos de muscles et de malice canine, a une étonnante propension à faire d'énormes bêtises. La preuve est ainsi administrée qu'un chien peut bouleverser une existence quiète et organisée, tout en se révélant un compagnon fidèle et tolérant.   

Les premiers paragraphes du roman

Quand le téléphone sonne à l'heure du petit déjeuner que je prends habituellement vers neuf heures et quart - un œuf mollet, deux toasts dorés, trois cuillerées de marmelade anglaise, quatre tasses de thé au lotus, la première embuée d'un nuage de lait - c'est l'appel d'un intime ou la brutale intervention du destin malveillant.

La règle se trouva confirmée d'une façon mitigée ce matin-là.

"Allô, Félix, c'est Irma… Bonjour… Une grande joie nous échoit, Félix, que je veux vous faire partager illico !

- Vous avez gagné au loto ! Henry a la Légion d'honneur ! votre oncle banquier a cassé sa pipe !

- Vous n'y êtes pas…, mieux que cela, nous sommes invités, Henry, les enfants et moi, à passer trois semaines en Écosse.

- Formidable, Irma ! Je vous y vois déjà. Les distilleries de whisky cachées dans les vallées, le monstre du Loch Ness, les fantômes professionnels, la chasse au renard, Walter Scott, les tweeds de Pringle… et toute la famille en kilt… Vous allez être mignons !

Oui, hein… Mais…, Félix, il y a Néron !

- Néron ? Que vient faire là le fils d'Agrippine ?

- Néron ! Félix voyons, notre boxer bringé… Vous le connaissez… Vous êtes le seul de nos amis qu'il n'ait pas encore mordu !

- Il a essayé !

- Maintenant, il vous connaît et je sais que vous lui plaisez !"

Soit dit entre nous, je me moque comme d'une guigne de plaire ou non à Néron.
"Mais, Irma, je ne vois pas de rapport entre votre toutou et l'Écosse.

- Justement, Félix, il ne peut y en avoir. Les Britanniques exigent une quarantaine de six mois pour les animaux étrangers. Il n'est donc pas question d'emmener Néron avec nous !
- Ces insulaires, Irma ne seront jamais européens. Dommage, votre fauve eût été heureux au pays de la cornemuse. Il eût trouvé quantité de moutons à égorger et même dans les landes de Dartmoor, des poneys chevelus. Il aurait pu rencontrer le chien des Baskerville qui lui aurait administré une bonne leçon !

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