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dans le vent clamaient silencieusement la détresse. Lorsque la tempête s'était levée, la galiote du capitaine Van Deyssel devait se trouver - non pas au nord, comme il l'avait cru - mais au nord-est de l'archipel Juan Fernandez. Dès lors, le navire, fuyant sous le vent, avait dû être chassé sur les atterrages de l'île Mas a Tierra, au lieu de dériver librement dans le vide marin de cent soixante-dix milles qui s'étend entre cette île et la côte chilienne. Telle était du moins l'hypothèse la moins défavorable à Robinson, puisque Mas a Tierra, décrite par Williams Dampier, nourrissait une population d'origine espagnole, assez clairsemée, il est vrai, sur ses quatre-vingt-quinze kilomètres carrés de forêts tropicales et de prairies. Mais il était également possible que le capitaine n'eût commis aucune erreur d'estime et que la Virginie se soit brisée sur un îlot inconnu, situé quelque part entre Juan Fernandez et le continent américain. Quoi qu'il en soit, il convenait de se mettre à la recherche d'éventuels rescapés du naufrage et des habitants de cette terre, si du moins elle était habitée. Robinson se leva et fit quelques pas. Il n'avait rien de brisé, mais une énorme ecchymose lui broyait l'épaule gauche. Comme il redoutait les rayons du soleil déjà haut dans le ciel, il se coiffa d'une fougère roulée en cornet, plante qui foisonnait à la limite de la plage et de la forêt. Puis il ramassa une branche pour s'en servir de canne, et il s'enfonça dans le taillis d'épineux qui couvrait le pied des promontoires volcaniques du sommet desquels il espérait pouvoir s'orienter.
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