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Je fus réveillée par le crépitement de la pluie sur la toile et par la sensation d'un baiser de Frank sur mes lèvres. Désorientée, je clignai des yeux et portai machinalement mes doigts à ma bouche. Tout en faisant cela, je m'interrogeais. Voulais-je ainsi prolonger le contact avec mon premier mari ou, au contraire, en effacer toute trace?
À mes côtés, Jamie remua et murmura dans son sommeil. Ses mouvements firent craquer les branches qui nous servaient de matelas. Recouvertes d'un piqué, elles dégageaient une odeur fraîche de cèdre. Peut-être la visite du fantôme l'avait-il dérangé. Fronçant les sourcils, je fixai le vide devant notre abri de fortune. « Va-t-en, Frank! »
Dehors, il faisait encore sombre, mais une brume gris perle s'élevait sur la terre humide. L'aube n'allait plus tarder. Rien ne bougeait, ni à l'intérieur ni à l,extérieur. Pourtant, une sorte de souffle, un frôlement à peine perceptible, hérissait le duvet sur ma peau. « Ne devrais-je pas être présent à son mariage? »
Je ne saurais su dire si ces mots s'étaient formés d'eux-mêmes ou si, comme ce baiser, ils n'étaient que le produit de mon subconscient. Je m'étais endormie l'esprit tout entier occupé par les préparatifs du mariage. Pas étonnant que je rêve de noces, surtout de nuit de noces.
En lissant la mousseline froissée de ma chemise, je m'aperçus avec une certaine gêne qu'elle était retroussée au-dessus de mes hanches et que le picotement sous ma peau n'était pas dû uniquement au sommeil. Réveillée en sursaut, je ne me rappelais aucun détail concret de mon rêve. Ne me revenaient à l'esprit que des sensations et des images troublantes mais confuses. C'était peut-être mieux ainsi.
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