Le plaisir de lire

Quand, sur une verte prairie de l'Illinois, Richard - pilote de tourisme à trois dollars les deux minutes de balade - se pose à côté d'un Travel Air 4000, il est curieux de savoir qui tient le manche de ce vieux zinc. Un « saltimbanque des l'air » comme lui sans doute.
Pas tout à fait. Certes Donald est bien un pilote, mais avec ces cheveux aux épaules, ce regard sombre et ce drôle de halo doré autour de lui, il n'a pas du tout l'air d'un « pro » !
Et c'est vrai, dans le passé, Donald s'est découvert d'étonnants pouvoirs de guérisseur, de maître à penser - à qui les foules demandaient toujours plus. Trop ! Alors, le récalcitrant jeune homme a fui.

Les premiers paragraphes du chapitre 1 et 2 du roman

Chapitre 1

1. Il y eut un Maître venu sur la terre, né dans le pays sacré d'Indiana, élevé dans les montagnes mystiques, à l'est de Fort Wayne.
2. Le Maître apprit de ce monde dans les écoles publiques d'Indiana puis, lorsqu'il grandit, dans son métier de mécanicien d'automobiles.
3. Mais le Maître reçut des enseignements venant d'autres pays et d'autres écoles, venant d'autres vies qu'il avait vécues. Il se les rappelait, et, se rappelant, il devint sage et fort si bien que d'autres virent sa force et vinrent à lui pour des conseils.
4. Le Maître crut qu'il avait pouvoir de s'aider et d'aider toute l'humanité, et comme il avait foi, pour lui il en fut ainsi, si bien que d'autres virent sa force et vinrent à lui pour être guéris de leurs soucis et de leurs nombreuses maladies.
5. Le Maître crut que c'était bon pour tout homme de se penser soi-même fils de Dieu, et comme il avait foi, il en fut ainsi; et les magasins et les garages où il travaillait se remplirent et se comblèrent de ceux qui recherchaient son enseignement et son contact; et les rues à l'entour débordèrent de tous ceux qui désiraient seulement que son ombre en passant puisse tomber sur eux et changer leurs vies.

La lecture de quelques paragraphes supplémentaires est possible en cliquant ici.

Chapitre 2

Ce fut vers le milieu de l'été que je rencontrai Donald Shimoda. Depuis quatre ans que je volais, je n'avais jamais rencontré un seul pilote travaillant dans ma partie : je volais de ville en ville, un peu au gré du vent, en vendant des balades dans mon vieux biplane, à trois dollars les dix minutes.
Mais un jour, juste au nord de Ferris, Illinois, en jetant un coup d'œil à travers le cockpit de mon zinc, j'aperçus un de ces anciens Travel Air 4000, blanc et or, posé sur le gazon émeraude, joli comme un cœur.
Je mène une vie libre, mais parfois, bien sûr, on se sent un peu seul. Je regardai le biplane au-dessous de moi, et après deux secondes de réflexion je décidai de me poser aussi : ça ne ferait de mal à personne. Les gaz coupés, les gouvernes tirées à mort, le zinc se mit à tomber de côté vers le sol. Du vent dans les haubans, un bruit qui fait plaisir, avec le ploc-ploc au ralenti du vieux moteur laissant souffler un peu son hélice paresseuse. Les lunettes sur le nez pour mieux surveiller l'atterrissage. Le maïs comme une jungle de verdure bruissant au ras des ailes, une clôture qui passe en un éclair et puis du foin tout frais coupé à perte de vue. Je reprends le manche et les gouvernes, un petit tour au-dessus du champ, le foin qui brosse les pneus, et puis le grattement familier du patin arrière sur le sol dur, doucement, doucement, et un grand coup…

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