NUIT D' ÉTÉ
Le violon, d'un chant très profond de tristesse,
Remplit la douce nuit, se mêle aux sons de cors,
Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse,
Et les cœurs des arbres ont des plaintes de morts.
LA CHANSON DE L'OUVRIÈRE
Les heurs crèvent comme une bombe;
À l'espoir notre jour qui tombe
Se mêle avec le confiant.
NOCTURNE
C'est l'heure solennelle et calme du silence,
L'Angélus a sonné notre prière à Dieu;
Le cœur croyant sommeille en un repos immense,
Noyé dans les parfums languissants du Saint-Lieu.
CŒURS BLASÉS
Leurs yeux se sont éteints dans la dernière Nuit;
Ils ont voulu la vie, ils ont cherché le Rêve
Pour leurs cœurs blasphémants d'où l'espoir toujours fuit.
Ils n'ont jamais trouvé la vraie et bonne sève.
MÉLODIE DE RUBINSTEIN
C'est comme l'écho d'un sacré concert
Qu'on entend soudain sans rien y comprendre;
Où l'âme se noie en hachich amer
Que fait la douleur impossible à rendre.
CHARLES BAUDELAIRE
Maître, il est beau ton Vers; ciseleur sans pareil,
Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle,
Parnassien enchanteur du pays du soleil,
Notre langue frémit sous ta lyre si belle.
BÉATRICE
D'abord j'ai contemplé dans le berceau de chêne
Un bébé tapageur qui ne pouvait dormir;
Puis vint la grande fille aux yeux couleur d'ébène,
Une brune enfant pâle insensible au plaisir.
QUELQU'UN PLEURE DANS LE SILENCE
Quelqu'un pleure dans le silence
Morne des nuits d'avril;
Quelqu'un pleure dans la somnolence
Longue de son exil;
Quelqu'un pleure sa douleur
Et c'est mon cœur !
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