Le plaisir de lire

Ce roman français écrit par Alexandre Jardin fut publié en 1992. Un jour, Alexandre Eiffel s'aperçoit avec effroi qu'il est devenu une grande personne, un empaillé de trente-huit ans. Esclave de son agenda, il ne copule plus guère et se prélasse sans honte dans la peau d'un mari domestiqué, indigne du petit garçon rebelle et vivant qu'il fut, celui à qui son papa disait:
- Le Petit Sauvage, tu es un fou!
Alexandre décide de réveiller l'enfant en lui. Il quitte l'épouse qui lui servait de bouillotte, rachète la maison où vécut le Petit Sauvage, part retrouver la Société Secrète des Crusoé et surtout Fanny, son bateau bleu et ses lèvres inoubliables.

Commentaires des jeunes lecteurs et lectrices

Dans mon site de tests en ligne, Cyberprof, j'ai créé des questions pour vérifier la lecture de ce roman.

Les premiers paragraphes du roman

Un jour, je m'aperçus avec effroi que j'étais devenu une grande personne, un empaillé de trente-huit ans. Mon enfance avait cessé de chanter en moi. Plus rien ne me révoltait. La vie et l'enjouement qui étaient jadis dans mes veines s'étaient carapatés. Le Monsieur prévisible que j'étais désormais jouissait sans plaisir d'une situation déjà assise, ne copulait plus guère et portait sur le visage un air éteint. Je me prélassais sans honte dans la peau d'un mari domestiqué indigne du petit garçon folâtre, imprudent et rêveur que j'avais été, celui que tout le monde appelait Le petit Sauvage.
Cette déconfiture m'apparut comme une évidence un dimanche matin. J'avais découvert mon premier cheveu blanc au lever et flânais devant les baraquements du marché aux Oiseaux, à Paris, en songeant que les jeunes filles me regardaient bientôt comme 

un vieux; quand, soudain,
une voix m'arrêta:
- Le Petit Sauvage, tu es un fou.
Personne dans la société de mes relations ne me connaissait sous ce nom, tombé en désuétude depuis longtemps. Même ma femme ignorait ce surnom, bien qu'elle prétendit avoir fouillé tous les replis de mon passé.
- Le Petit Sauvage, tu es un fou, répéta la voix.
Stupéfait, je reconnus le timbre de mon père liquidé par un cancer dans ma quatorzième année. La formule était exactement celle qu'il murmurait autrefois lorsqu'il venait m'embrasser le soir dans mon lit. Une violente palpitation m'oppressa. J'opérai une volte-face et me trouvai tout à coup devant Lily.
À sa vue, le Petit Sauvage frissonna sous mon visage d'adulte. Il se passa entre moi et Lily,…

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