Les valeurs

Certains étudiants passent un certain nombre d'heures dans l'un des cours de philosophie à discuter sous toutes ses coutures de la notion de valeur. Au sortir de cette discussion l'étudiant se sera farci de toute une panoplie de valeurs dont il restera longtemps médusé. Se peut-il que des humains basent leur agir humain sur des valeurs hétéroclites, souvent diamétralement opposées?

Pour peu qu'on regarde la triste histoire de l'homme, on se rendra vite compte que les valeurs ont servi à le faire souffrir et dépérir. Les croisades, les tortures, les dictatures, le capitalisme sauvage, le communisme dogmatique se sont servis des valeurs comme justification idéologique de leur agir. Un fait étonnant est à souligner : la durée éphémère de certaines valeurs.

L'homme inconscient sent le besoin d'asseoir son action sur des valeurs. Pourtant, une action intelligente en soi n'a que faire des valeurs. Cette béquille n'apporte rien. Elle démontre seulement l'incertitude et l'insécurité. L'homme qui oserait affirmer qu'il n'a pas besoin de valeurs pour agir se ferait qualifier d'être immoral, anarchique, dangereux. Pourtant, le plus dangereux des deux n'est pas celui auquel l'on pense.

En effet, l'homme conscient qui ne vit plus d'émotions et ne se nourrit plus d'intellectuence trouve sa certitude dans l'agir à l'intérieur de lui-même. Il a écarté de sa vie les valeurs, car la lumière de son intelligence suffit à mettre en action sa volonté. Son intelligence et sa volonté sont les deux plans à l'origine de son activité créatrice. L'homme inconscient ne vit que des expériences. Ces expériences contribuent à meubler davantage sa mémoire. Sa conscience n'est qu'expérimentale. Vivre pour lui n'est qu'une succession plus ou moins heureuse d'expériences.

L'homme inconscient est loin de se douter que toute sa vie est programmée. Il vit l'illusion qu'il en a le contrôle. C'est ce qu'il appelle le libre arbitre. Il n'acceptera pas l'idée que le hasard n'existe pas. Son petit ego qu'il croit grand s'autorise tout. Or, les deux forces qui le mènent par le bout du nez sont sa mémoire i.e. son âme et ses émotions. D'ailleurs, les émotions sont la gazoline qui alimente les entités qui agissent derrière le miroir où l'homme se regarde vivre en se donnant l'impression qu'il est le maître du jeu.

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