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Depuis des millénaires, l'humanité a vu défiler une multitude de philosophes qui déversèrent sur elle leur doctrine philosophique ou leur système philosophique. Ces philosophes eurent leurs disciples qui se chargèrent de propager dans le temps et l'espace les idées issues de leurs élucubrations. Certains de ces disciples prirent une certaine distance par rapport à leur maître initial et peaufinèrent de différentes façons les idées reçues. En plus grande quantité dans les institutions d'enseignement se rencontrent des professeurs de philosophie qui, eux, se chargent de faire connaître par leurs enseignements ou leurs écrits vulgarisés les doctrines philosophiques ou certains courants de pensée à la mode du jour auprès de la jeunesse de différents pays.
La question qui se pose est-ce celle-ci : Est-ce que tout ce beau monde a réussi à résoudre l'énigme des grandes questions concernant l'homme? Force est de reconnaître que les hommes de notre temps se posent autant de questions et ne sont pas satisfaits par les réponses données. L'homme regarde avec une grande perplexité cette multitude de chapelles philosophiques qui actuellement ou au cours de l'histoire ont énoncé leur vision de la réalité. Il a raison d'être perplexe. Pour employer une comparaison empruntée au domaine religieux, imaginons un païen qui voudrait se chercher dans le monde sincèrement une confession religieuse. Où donnerait-il de la tête? Tant de doctrines religieuses se réclament être les détenteurs de la vérité.
Est-ce alors l'existence même de la philosophie qui est remise en question? Comment ne pas remettre en question une discipline qui au lieu d'éclairer l'humanité l'a laissée dans la confusion ou pire l'a tenue dans l'illusion de la vérité? Plusieurs répondront que des hommes ont trouvé des réponses à leurs questions dans différentes doctrines ou systèmes philosophiques. D'autres pourront s'objecter en affirmant que ces hommes ont été maintenus inconsciemment dans l'illusion de la vérité ou qu'au lieu de chercher en eux-mêmes les réponses adéquates ils ont préféré se réfugier sous le parapluie sécure d'une doctrine ou système philosophique.
L'homme ne pourra jamais trouver dans la philosophie la réponses à ses questions. La philosophie est une invention subtile servant à donner l'impression à l'homme qu'il trouve des réponses. D'ailleurs, tant de pseudo-réponses divergentes devraient lui avoir mis la puce à l'oreille. Cependant, l'ignorance ou l'aveuglement de l'homme est sans limite.
Les doctrines ou systèmes philosophiques sont bâtis à partir d'un outil imparfait qui est l'intellect de l'homme. L'intellect est la partie inférieure de l'intelligence ou constitue l'intelligence inférieure de l'homme. Le propre de l'intellect est d'intellectualiser tout. Son instrument de prédilection est la rationalisation. L'homme peut en effet tout rationaliser. L'homme qui rationalise tout devient un être incontournable. Il n'y a rien à faire sinon le laisser se baigner dans les eaux boueuses de ses illusion philosophiques.
Toute la philosophie est basée sur la pensée réflective. L'homme réfléchit. Or, la réflexion est par essence une déformation de la réalité. La pensée réflective est comme un miroir qui sert d'écran entre la réalité et sa projection déformée. Le philosophe réfléchit, argumente, avance des postulats, questionne, émet des opinions, affirme, etc. Toute cette gymnastique ayant comme scène son cerveau présente le théâtre de la confusion la plus totale. Il se trouvera de nombreux spectateurs pour répudier cette pièce. Il y aura d'autres dramaturges pour créer des pièces diamétralement opposées.
Quel philosophe s'est questionné sur l'origine de sa propre pensée? Il se dira indubitablement être l'auteur de ses pensées philosophiques. Personne ne lui contestera ce fait. Or, ce soi-disant fait est une illusion. L'homme n'est pas l'auteur de ses pensées. Son cerveau ne sert que de canal à ses pensées issues des autres plans. Les plans invisibles se servent des philosophes pour envoûter, endormir ou assujettir l'humanité. Si les doctrines philosophiques étaient issues d'une source unique, elles ne seraient pas contradictoires, confuses, éphémères comme nous pouvons le constater dans l'histoire de la philosophie.
L'homme croit que la partie la plus sublime de son être est la raison ce que nous appelons l'intellect. Il sublimise la partie mentale inférieure de l'homme et ignore complètement sa partie supérieure, son intelligence supérieure, l'intelligence supramentale. Or, cette intelligence supramentale n'a que faire de la philosophie. Elle ne philosophe pas sur la réalité. Elle exprime la réalité. Elle communique à l'homme les réponses à ses questions. Elle ne ressent pas la nécessité de contraindre la réalité à entrer dans un système ou à se constituer en doctrine. Elle ne cherche pas à rationaliser la réalité. Elle éclaire la réalité.
L'homme en contact avec son esprit, son intelligence supramentale a accès continuellement à son savoir immense et infini. Il sait que ce savoir est toujours là, à sa disposition. Il ne cherche pas à savoir pour savoir. Il ne cherche pas à se donner un statut grâce à ce savoir. Au contraire, le philosophe n'ayant pas accès au savoir se replie sur la connaissance, sur l'encyclopédisme, sur la pensée des autres.
Au lieu de se nourrir par l'intérieur, il cherche à l'extérieur de lui-même sa nourriture. Quelle illusion! Comment un autre philosophe comme lui peut-il être d'un quelconque secours dans sa recherche philosophique? Comment peut-il s'assujettir à la pensée de l'autre? Quelle garantie de certitude l'autre peut-il lui donner?
L'homme qui sait doit supporter son savoir. Il n'arrivera à cette communication avec son double, sa contrepartie cosmique de lui-même qu'après une longue initiation solaire. Il devra avoir épuré son ego, support physique de son êtreté. Cet ego est imbu de lui-même. Il croit avoir réponse à tout. Il vit dans l'illusion du libre arbitre. Il pense que c'est lui qui pense. Toute une révolution intérieure l'attend.
L'homme en évolution de conscience constatera qu'il est multidimensionnel. Il réalisera que les dimensions constituantes de sa réalité sont : l'ego, l'âme et l'esprit. L'ego est prisonnier de son caractère, de son tempérament, de sa personnalité. L'âme en est la grande responsable. Cette mémoire planétaire emmagasinée dans l'âme empêche l'esprit d'éclairer tous les recoins de sa réalité. Il est difficile pour l'homme inconscient de se débarrasser de sa mémoire familiale, raciale, planétaire. Les philosophies, les idéologies, les valeurs, les religions, etc. alimentent cette mémoire, l'âme de l'homme.
L'homme coupé historiquement de son intelligence supérieure, de son savoir infini. de sa lumière, s'est contenté de son intelligence inférieure pour négocier sur sa planète une certaine qualité de vie. Or, il n'a récolté que des déboires. Même aujourd'hui à l'aube du 21e siècle, il se pose encore les mêmes questions. Il est tout aussi ignorant sur son origine et sa destinée. Il continue à fabuler pour se donner une quelconque sécurité intellectuelle.
L'homme ne trouvera jamais dans les philosophies une quelconque réponse à ses questions fondamentales tant qu'il n'aura pas détruit les fondements même de la philosophie. Il est certain que des gens auront encore besoin pendant longtemps de la philosophie ou de la théologie pour expliquer différentes facettes de la vie humaine. Ces éléments de réponses masqueront la réalité occulte de l'homme, réalité qu'un certain nombre d'individus sur le globe commence à pénétrer. La plupart des individus prennent pour acquis tout ce qui vient de l'extérieur. Leurs maîtres sont nombreux : les religions, les idéologies, les philosophies, l'opinion des autres, les bibliothèques, les docteurs, etc. Comment remettre en question tout cela? Depuis la tendre enfance, on lui dit quoi faire et quoi penser. Il n'a pas la moindre idée du trésor qui se cache en lui. Quelqu'un s'aviserait de lever le voile sur son trésor, qu'il le qualifierait de fou.
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