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S'attacher au passé, revivre le passé, avoir la nostalgie du passé sont des attitudes qui ont un lien avec la mort en ce sens que le mort n'est que mémoire et le passé n'est qu'archives mortes. Il n'y a de vie que les états d'âme que suscitent ces souvenirs et cette vie est retardataire puisqu'elle n'est pas mouvement créatif.
Il est évident que l'homme laisse des traces, mais de là à se mirer continuellement dans ce qui a été fait et dit, il y a une limite à ne pas franchir. L'homme doit comprendre que la terre est un laboratoire où il vit ses expériences. Il n'a pas à les polariser puisqu'elles sont l'expression de sa programmation.
Le passé peut être regardé comme objet d'études, comme point de comparaison ou de mesure. L'homme ne doit mettre aucune valeur dans le passé sinon il va créer un mouvement traditionaliste, un parti conservateur ou bien il va construire des musées.
L'homme dominé par son passé manifeste une peur viscérale de vivre dans le vide plein, de vivre l'instant présent. La dynamique créative a horreur de tout ce qui est fossilisation, arrêt dans le temps, glorification illusoire de ce qui n'est plus.
L'homme créateur ne s'attache pas aux formes. Au contraire, il les démolit sans cesse. C'est l'esprit derrière la forme qui a de l'importance. C'est cette énergie qui dynamise, qui crée le mouvement.
Or, pour vivre cette dynamique, l'homme doit rompre avec son passé, le passé de sa race, de sa planète. Ce passé est connecté au monde mémoriel, au monde du connu. Brasser ce connu ou ce mémoriel ne peut être qu'un acte répétitif qui n'apporte rien de neuf. L'homme puisera dans son esprit l'énergie qui fera créer, parler, amener une nouvelle science, construire une civilisation sur des bases nouvelles.
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